Qu’est-ce qu’un retable ?

Du latin retro et tabula, en arrière de la table d’autel. Oeuvre peinte ou sculptée, ou les deux à la fois, dressée en retrait sur la table d’autel dans une église ou une chapelle.

Source: Louvre

Dans la première moitié du XVI éme siècle, le relâchement des moeurs du clergé catholique favorise l’éclosion d’une agitation qui traduit l’inquiétude spirituelle de nombreux pays d’Europe.

En France, les idées de Luther et de Calvin vont se répandre comme une traînée de poudre et entraîner entre catholiques et protestants, une série de luttes sans merci, d’exécutions et de massacres.

Au Concile de Trente (1545-1563), l’Eglise décide de réformer sa liturgie, d’imposer discipline et instruction à son clergé et d’éduquer les paroissiens, souvent illettrés, par l’image sur les retables.

Les églises s’embellissent et se transforment en utilisant les matériaux du pays et le savoir faire des menuisiers locaux (les huchiers).

Le retable de Repentigny est l’un des plus anciens et des plus originaux du Pays d’Auge. Sa partie centrale n’est pas occupée, comme très souvent, par un tableau, mais par un ouvrage sur bois sculpté : un bas relief représentant la Cène datant du 16 éme siècle.

À l’origine, le retable est un simple meuble de bois ou de pierre placé derrière l’autel, dont la fonction semble soit utilitaire (gradins destinés à recevoir des objets liturgiques). Les retables se développent à partir du Moyen âge en ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse. Leur iconographie évoque la vie du Christ de la Vierge et des Saints, mais c’est au 17ème et 18ème siècle que le retable prend de l’importance, il devient une véritable œuvre d’art.

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Ils ont une fonction didactique, qui enseigne la doctrine fixée par le Concile de Trente, culte de la Vierge, culte des saints. L’abondance décorative, la richesse constitue un hommage à Dieu. La fonction va même au-delà de la ferveur, de l’esthétisme ou de l’ostentation ; la perpétuité, la transmission de génération en génération est primordiale. On a recours aux meilleurs artistes pour décorer ce qu’il y a de plus précieux dans l’église. L’habitude de placer une image sur la table d’autel -retro tabulam- a donné naissance au mot retable.

Il serait trop long de définir, ici, dans tous ses aspects, l’art du retable. La continuité de cet art est exceptionnelle. La production est sans rupture du Moyen Age au 19e siècle.

Pour caractériser à grands traits l’art du retable, il faut savoir que le retable naît quand la structure du retable prend la forme d’une véritable architecture, qui sépare et ordonne le contenu narratif par des colonnes et des entablements, et le couronne de frontons. Les retables sont alors le plus souvent garnis de panneaux peints, jusque dans les années 1650 (sauf bien sûr les statues des niches centrales). Ensuite la formule peinte est concurrencée par celle du bas-relief, tandis qu’on voit arriver en même temps, la formule de la ronde-bosse des retables à statues qui rejette les bas-reliefs aux seules prédelles. La sculpture restera l’expression prédominante. La structure architectonique a aussi son évolution, qui substitue la colonne salomonique aux autres types dans les années 1680, puis qui tord, distend ou interrompt les éléments dans une grammaire baroque, au tournant du siècle, avant de revenir au 18e s. et au-delà, à des formules plus calmes et plus aérées.

Le retable est un ensemble menuisé et sculpté, qui occupe généralement tout l’espace disponible du mur du fond d’une abside ou d’une chapelle latérale. Réalisés en bois tendres, pin, peuplier ou tilleul, ils présentent presque tous une finition extrêmement précieuse, dorure et polychromie. La grande période de l’âge d’or des retables, 17e et 18e s., présente toujours le dorure en plein seule (la polychromie, appliquée avec la technique de l’estofadora : la peinture et posée sur l’or puis grattage pour faire réapparaître l’or au sein de la surface peinte). Ces travaux de dorure pouvaient valoir à l’époque le double de la construction et de la sculpture du retable. Cela qui explique des décalages, de parfois un siècle, entre la réalisation du retable et sa dorure.

La caractéristique fondamentale du retable est de présenter un ordre d’architecture, comportant niveaux et travées en nombre impair, le plus souvent 3, dont les éléments constitutifs sont invariables : soubassement (prédelle =escabeau ou marchepied), corps central, attique et un couronnement. Le corps central est composé d’un stylobate (base, colonnade et chapiteau) et d’un entablement (architrave ou linteau, frise et corniche). Au dessus du dernier niveau, prennent place les amortissements bas relief, médaillons. Cet ordre enserre les éléments iconographiques ou narratifs du retable, sous des formes variées, niches à statues, panneaux peints ou sculptés. Invariablement au sommet la figure de Dieu le Père émergeant à mi-corps. Sur les côtés le retable s’orne d’ailerons, chutes de fleurs, fruits ou volutes. Les retables du Rosaire ont une typologie bien particulière.

Un autre principe de hiérarchie spirituelle dirige l’emplacement des images sacrées selon la structure symbolique de l’objet : au registre inférieur correspond le monde terrestre, (mort du Christ sur la croix ou martyre du saint), le registre supérieur étant souvent dévolu à la sphère céleste (Christ ressuscité, envol de l’âme du saint…). Le champ étroit des niches porte les figures gardiennes et hiératiques des saints ou des apôtres.

http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/test/languedo/typeoeuv/retatype.html