Les travaux de restauration

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La protection du patrimoine : quelques convictions

Nous vous conseillons la lecture de cet excellent article de Benoit de Sagazan, journaliste spécialisé dans la protection du patrimoine.
Il y exprime ses convictions, fruits de plus de 20 ans d’expérience dans le domaine. C’est une magnifique source d’inspiration pour les amis du patrimoine de Repentigny aussi !!
Vous pouvez le retrouver sur son blog patrimoine-en-blog.
« Sauvegarder et valoriser le patrimoine est vertueux. 
Pour cinq bonnes raisons au moins:
 Ils m’ont appris que l’impossible n’appartenait pas à leur vocabulaire, qu’on pouvait relever des hommes et des femmes, en situation de précarité absolue, en relevant des murs historiques, que les vieilles pierres nous apprennent autant sur notre Histoire que sur notre société présente, qu’un monument restauré ce sont d’abord des volontés et des énergies conjuguées, des relations humaines et des solidarités nouées. Ce sont eux qui m’ont enseigné que la restauration et la valorisation de notre patrimoine étaient vertueuses, et cela pour au moins cinq bonnes raisons que j’aime à répéter ici :
  1. Sociale. La restauration et la valorisation de notre patrimoine crée du lien social, localement, autour d’un monument à entretenir ou à sauver. Il rassemble le savant et le débroussailleur, l’étudiant et le maçon, quelques soient leurs histoires personnelles et leur âge.
  2. Environnementale. La restauration et la valorisation de notre patrimoine participe au développement durable, tout d’abord par l’inscription du monument dans un paysage et un environnement esthétique, ensuite par le respect du principe Entretien/recyclage (éventuel) du monument contre celui de Démolition/reconstruction propre à une société de consommation « court-termiste ».
  3. Economique. La restauration et la valorisation de notre patrimoine soutient l’activité économique des entreprises du bâtiment, préserve et nourrit le savoir-faire d’artisans hautement qualifiés, suscite des innovations technologiques (numériques et autres), valorise l’attractivité des territoires et développe l’économie touristique.
  4. Politique. La restauration et la valorisation de notre patrimoine soutient la cohésion sociale et l’intégration sur les territoires du pays, par l’appropriation d’une Histoire, glorieuse ou malheureuse. De nombreux programmes politiques le prouvent, notamment dans les villes et sites où elles sont menées.
  5. Culturelle et spirituelle. La restauration et la valorisation de notre patrimoine permet la transmission d’une culture et de spiritualités entre les générations quelques soient les appartenances philosophiques et religieuses.
Ces cinq vertus ont guidé mon projet de blog, lancé le 15 octobre 2006. J’ai tenté au cours ces dix années suivantes de les illustrer à travers la revue de presse, les rencontres relatées, les réflexions menées, les interventions publiques qui m’ont été demandées. Je reçois régulièrement des encouragements et des messages de lecteurs heureux de trouver sur ce blog une somme d’informations, rarement disponible ailleurs, et gratuitement. Ces encouragements répétés, je dois le dire, m’ont aidé à tenir ce travail dans la durée et je remercie particulièrement les fidèles internautes, certains depuis la première heure, qui continuent à me témoigner de leur intérêt, à réagir, à me confier des informations. Sans eux l’aventure n’aurait pas été possible.

« Des lecteurs qualifiés qui m’encouragent »

Le réseau touché par Patrimoine-en-blog au bout de dix années peut paraître modeste, les abonnés (Newsletter et réseaux sociaux) peuvent être estimés à quelques milliers, mais les adresses électroniques et les messages prouvent qu’ils sont qualifiés : administrateurs et animateurs de monuments ou de sites, élus politiques, fonctionnaires des ministères (Culture, Intérieur, Tourisme, Défense, Ecologie et Equipement…) ou territoriaux (régions, départements, métropoles, villes moyennes et communes rurales), responsables et bénévoles de grandes associations du patrimoine et d’association locales de sauvegarde du patrimoine, membres du clergé, journalistes, professionnels d’entreprises et artisans spécialisés dans la restauration de monuments historiques, conservateurs, médiateurs culturels, architectes et agents immobiliers… Je ne peux énumérer toutes les catégories socio-professionnelles qui figurent parmi les plus de 1500 abonnés à la newsletter de Patrimoine-en-blog.

« Dix maximes, fruit de dix années passées à observer, à rencontrer, à découvrir »

De ces dix années passées à observer, à rencontrer, à découvrir et à réfléchir,  je tire quelques enseignements. Je les résumerai ainsi, sous forme de maximes :
  1. Restaurer un bâtiment historique fédère, le démolir divise profondément, parfois durablement, une population. Cette observation, nourrie de nombreux exemples, n’est pas anodine pour ceux qui déplorent la fragilisation de la cohésion sociale de notre société.
  2. La volonté précède les moyens. Les nombreuses expériences rencontrées prouvent que le premier moteur du sauvetage d’un édifice patrimonial est la volonté. En de nombreux lieux, la volonté a défié heureusement ce qui semblait au premier abord impossible. Quand la volonté existe, les moyens suivent. Et non l’inverse. Les échecs constatés ont d’abord résulté d’une démission face à ce qui apparaissait comme une fatalité. Les exemples de sauvetages, a priori impossibles, par des communes, des associations ou des personnes, sans le moindre sou d’avance, sont trop nombreux pour ne pas croire à cette loi.
  3. Le patrimoine coûte cher … quand il n’est pas régulièrement entretenu. Une simple fuite non réparée à temps entraîne inévitablement des dégâts considérables. Le patrimoine coûte effectivement très cher quand on constate trop tard l’immensité des dommages accumulés au fil des années. De fait, ce ne sont pas les plus riches qui entretiennent le mieux leur patrimoine, et ce ne sont pas les plus pauvres qui l’entretiennent le moins bien. Les meilleurs propriétaires, et qui dépensent le moins, sont ceux qui surveillent et prennent soin de leur bien au quotidien. Cela vaut pour tout type de propriétaire public ou privé.
  4. Le patrimoine n’est pas un obstacle à l’avenir, tant il stimule des innovations technologiques destinées à sa restauration et à sa valorisation. Les créateurs de nouvelles technologies font du patrimoine un de leurs terrains de jeux favoris : réalités et reconstitutions virtuelles, robots, drones, applis et flash codes envahissent pour le meilleur notre patrimoine.
  5. Ne pas entretenir le patrimoine est injurier l’avenir. Force est de constater que les monuments disparus ou en ruine sont encore pleurés des siècles après leur destruction. Les projets de reconstructions (les Tuileries, le château de Saint-Cloud) et les énergies déployées pour redonner vie virtuellement à ce qui n’est plus (Jumièges, Cluny), le prouvent aisément.
  6. Transformer vaut mieux que démolir. Tout bâtiment est sauvé dès lors qu’il trouve une fonction et une vie véritable. Quand il perd son usage initial, il ne faut pas avoir peur de lui en donner une autre, là aussi pour ne pas injurier l’avenir. La France médiévale, par exemple, possédait deux phares qui rayonnaient sur le monde chrétien européen : le mont Saint-Michel et l’abbaye de Cluny. Le premier fut transformé en prison après confiscation des biens du clergé par la Révolution. Ce qui le sauva. Il est aujourd’hui redevenu une abbaye et un joyau de notre patrimoine. Le second fut vendu sous la Révolution, mais les régimes successifs n’ont pas empêché son funeste destin de carrière de pierre. L’abbaye a disparue au trois-quarts. Les efforts mis à sa reconstitution virtuelle montre qu’on pleure encore, deux ans après la disparition de sa splendeur originelle.
  7. Le patrimoine n’est pas qu’un musée. Rien n’est plus triste qu’un patrimoine qui meurt parce que trop figé. Il est possible que trop de réglementation tue ce que nous voudrions voir perdurer. Tous nos monuments historiques n’ont pas vocation à devenir des musées. Certains d’entre eux pourraient avoir la possibilité de continuer à vivre comme ils nous sont parvenus, autrement dit à accepter des ajouts ou des transformations contemporaines. Je sais qu’en disant cela, je me fabrique sans doute des ennemis. Mais le patrimoine doit aussi vivre. Nos églises, par exemples, ont subi des transformations au gré des réformes liturgiques successives. Présenter une œuvre contemporaine dans une église, c’est signifier que l’art sacré n’est pas qu’un art du passé et la foi se manifeste aussi au présent, et finalement que le bâtiment continue de vivre. Pourquoi n’en serait-il pas de même ailleurs ?
  8. Le patrimoine historique ne saurait être une simple galerie d’art contemporain. Sans contredire ce qui est écrit précédemment, un site patrimonial ne peut être le simple faire valoir de l’installation d’une œuvre contemporaine. On use et abuse du verbe dialoguer dans les présentations d’art contemporain. Mais on assiste souvent à des dialogues de sourds. Pour la greffe de la modernité prenne dans un bâtiment ancien, prestigieux ou non, il faut que le nouvel arrivé lui témoigne du respect, voire une certaine humilité. La provocation et le goût du scandale ne sont pas les seuls leitmotive de l’art. les œuvres qui s’intègrent le mieux sont souvent celles qui ont été conçues par leur créateur pour le lieu auquel elles sont d’emblée destinées. L’intégration est non seulement une affaire de goût (toujours discutable) mais surtout d’intelligence et de cœur.
  9. Le patrimoine est d‘abord un héritage. Cela peut paraître une évidence, une lapalissade, de le dire, mais sur ce sujet des élites veulent parfois nous enfumer en entretenant sciemment une confusion entre patrimoine et création, l’un restant passéiste et l’autre avant-gardiste. Peut-être souhaitent-ils illustrer et nourrir une « querelle éternelle entre Anciens et Modernes ». Le patrimoine n’est pas la création et la création n’est pas le patrimoine. Lors des Journées du patrimoine 2015, le ministère de la Culture a voulu célébrer le patrimoine du XXIe siècle. Comme si nous étions à même de décréter à nos enfants ce que sera leur patrimoine. Si les mots ont un sens, le patrimoine est ce que nous recevons de nos pères. Nous avons le droit à l’inventaire et à ne pas considérer l’ensemble du legs reçu de nos parents comme un amas de chefs-d’œuvre indiscutable. L’usage veut qu’il convienne d’attendre au moins cinquante ans avant de reconnaître si une création récente mérite d’être sauvegardée. On peut aimer la création et la trouver esthétique ; mais, de grâce, laissons à nos enfants et petits-enfants le soin et la liberté de juger de ce qu’ils souhaiteront « patrimonialiser »…
  10. Et surtout, ne jamais oublier que derrières les vieilles pierres, il y a toujours des hommes et des femmes d’aujourd’hui, et, là je boucle la boucle en vous renvoyant aux cinq vertus du patrimoine énoncées ci-dessus. »
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Compte rendu de la réunion du Conseil d’administration du 5 novembre 2016

Chers amis
Cette réunion du conseil d’administration s’est tenue sous la présidence de Marc Soulé. Neuf des douze membres du Conseil étaient présents, ainsi que Maurice Davoust, membre de droit en tant que maire.
Les principaux points discutés ont été :
1. Suivi des objectifs et des actions décidées lors du précédent Conseil
Le Conseil s’est réjoui du fait que tous les objectifs 2016 rappelés ci dessous ont été atteints :
·     
  • Assurer la transition avec l’ancien Conseil
  • Maintenir le nombre des membres au-dessus de 85, et si possible avec la mobilisation de tous, atteindre et dépasser les 100
  • Organiser les quelques manifestations prévues notamment Pierres en Lumières et le concert de la Musardière
  • Ouvrir notre église pendant les week-ends d’été
  • Etudier la possibilité de financement participatif
  • Produire des supports de communication et de visite
  • Réaliser quelques travaux, forcément limités, sur les fonds propres de l’association. Cet objectif a été annulé (voir ci-après).
  • Préparer, avec la commune, les demandes de subventions pour 2017 et planifier les travaux correspondants
2.      Travaux
 
Finalement les travaux d’éclairage et de restauration des murs/plafonds de la sacristie que nous aurions pu faire en 2016 sur les fonds propres de l’association ont été repoussés à plus tard pour permettre de verser 10 000 euros à la commune et contribuer ainsi au financement d’une grosse tranche de travaux 2017 comportant principalement la restauration du sol et des murs de l’église (Chœur et nef pour révéler les littres funéraires et décors muraux du 12/13 éme siècle cachés sous l’enduit).
 
Les dossiers de subventions pour 2017 ont été présentés en temps utile. Des réponses sont attendues entre février et juin 2017. La réponse conditionne le début des travaux qui pourront au mieux démarrer début juillet 2017. Cela devrait laisser le premier semestre « libre » pour des manifestations (ex. Pierre en Lumière ou Nuit des retables).
3.      Membres / financement
Nous avions 84 membres en 2015. Grâce à nos actions et aux efforts de tous, nous sommes aujourd’hui 126 membres à jour de cotisation.
 
 
Chaque membre du Conseil s’est engagé à rechercher dans son réseau de nouveaux membres (objectif : 5 nouveaux membres / membre du Conseil).
Cet effort de « recrutement » ne se limite pas au Conseil. Vous êtes tous sollicités ! Nous serons ravis d’accueillir vos amis dans l’association !
Au plan des comptes, nous sommes en ligne avec notre budget, et même sensiblement mieux au plan des recettes. Notre effort de communication a été payant, sous forme de notoriété et de dons.
Le Conseil s’est réjoui de la signature de 8 conventions de mécénat avec des entreprises locales.
Compte tenu de la trésorerie disponible, il est convenu que notre contribution aux travaux 2017 réalisés par la commune pourra être portée à 10 000 euros (voir point « travaux »).
La Fondation du Patrimoine va nous permettre d’obtenir des reçus fiscaux pour nos donateurs en 2016.
Une nouvelle convention entre la commune, la fondation et l’association devra être signée début 2017 pour couvrir la campagne de travaux 2017/2018.
Le Conseil a approuvé une hausse de 5€ en 2017 des cotisations qui étaient restées stables depuis la création de l’association en 2009. Cette hausse, modeste mais nécessaire, traduit les progrès de notre association et la déduction fiscale proposée par la Fondation du Patrimoine.
 
4.      Communication
 
L’activité du blog depuis son origine a été commentée ; le Conseil s’est réjoui de son succès croissant (300 pages vues/mois dans le dernier semestre, en bleu ci dessous ; 88 personnes connectées, en vert ci dessous).
 
 
Nous étudions la possibilité de développer un site WEB complet en 2017 avec l’aide d’un stagiaire.
 
5.      Evénements
 
Le Conseil a passé en revue les événements organisés en 2016 et s’est réjoui de leur succès populaire :
  • Pierres en Lumières le samedi 21/5 au soir (30 personnes)
  • Ouverture de l’église les après-midi de fin de semaine en juillet & août (60 personnes)
  • Concert de la Musardière le samedi 10 septembre (90 personnes)
  • Journées européennes du patrimoine les 17/18 septembre (60 visiteurs)
Les membres du Conseil qui ont contribué à ces animations ont été chaudement remerciés ainsi que nos membres participants !
 
Pour 2017, le calendrier précis des travaux crée une incertitude sur notre capacité à maintenir ce même niveau de manifestations. Il semble possible d’assurer :
  • Quelques visites durant les WE de mai / juin (2 jours / WE) à déterminer
  • Pierres en lumières fin mai ?
  • Nuit des retables, début juillet ?
  • Concert Musardiére / Journées du patrimoine le 16 septembre 2017
Ce point sera, nous l’espérons, clarifié pour le prochain Conseil d’administration.
 
6.      Recherche
Un point sur la recherche historique a été présenté. Les principaux événements récents concernent :
  • l’exploitation en cours des archives diocésaines et départementales,
  • la compréhension du lien entre la famille (de) Corday (la fameuse Charlotte qui assassina Marat dans sa baignoire !!) et Repentigny
  • des contacts, malheureusement sans suite pour l’instant, avec nos cousins québécois de Repentigny qui ne semblent guère intéressés par leur histoire …
Notre blog sera le témoin de cette intense activité dans les prochains mois.
 
 
L’Assemblée Générale aura lieu le samedi 1 er avril à 17h. Notez le … mais nous vous le rappellerons !!
 
Merci à tous pour votre soutien !!
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Saint Martin ? p’têt ben qu’oui mais … p’têt ben qu’non !

Chers amis du patrimoine de Repentigny

Nous poursuivons notre enquête historico-ludique sur la vie de notre évêque mystère.

Vous avez été nombreux à vous passionner pour le premier article. Merci pour vos encouragements !
 
Nombreux aussi à vous plaindre de ce suspense insoutenable !!!
Reconnaissez qu’il a débuté voici plus de 4 siècles quand ces panneaux ont été peints, alors une semaine de plus ou de moins …

Il est quand même temps de lever le voile sur le panneau gauche du verso de notre retable avec cette question lancinante: s’agit il de Saint Martin ?
 
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Sur le premier tableau, en haut à gauche, notre saint évêque rencontre ce qui semble être des personnages importants reconnaissables à leurs riches vêtements.

 
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Saint Martin en a rencontré de nombreux. Sulpice Sévère raconte notamment:

 
« À peu près à l’époque où il reçut l’épiscopat, Martin fut obligé de se présenter à la cour. Valentinien régnait alors. Sachant que Martin demandait des choses qu’il ne voulait pas accorder, il ordonna qu’on ne le laissât pas entrer au palais. Outre sa vanité et son orgueil, il avait une épouse arienne (voir note plus bas)qui l’éloignait du Saint et l’empêchait de lui rendre hommage.
C’est pourquoi Martin, après avoir fait plusieurs tentatives inutiles pour pénétrer chez ce prince orgueilleux, eut recours à ses armes ordinaires ; il se revêtit d’un cilice, se couvrit de cendres, s’abstint de boire et de manger ; et pria jour et nuit. Le septième jour, un ange lui apparut et lui ordonna de se rendre avec confiance au palais ; il lui dit que les portes, quoique fermées, s’ouvriront d’elles-mêmes, et que le fier empereur s’adoucira. Rassuré par la présence et les paroles de l’ange, et aidé de son secours, il se rend au palais. 
Les portes s’ouvrent ; il ne rencontre personne, et parvient sans opposition jusqu’à l’empereur. Celui-ci, le voyant venir de loin, frémit de rage de ce qu’on l’a laissé entrer, et ne veut pas se lever pendant qu’il se tient debout. Tout à coup son siège est couvert de flammes qui l’enveloppent, et forcent ce prince orgueilleux de descendre de son trône et de se tenir debout, malgré lui, devant Martin. Il embrasse ensuite celui qu’il avait résolu de mépriser, et avoue qu’il a ressenti les effets de la puissance divine ; puis, sans attendre les prières de Martin, il lui accorde tout ce qu’il veut, avant qu’il lui ait fait aucune demande. Il le fit souvent venir pour s’entretenir avec lui, ou le faire asseoir à sa table. À son départ, il lui offrit beaucoup de présents ; mais le saint homme, voulant toujours rester pauvre, n’en accepta aucun. » 

Note: L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du IV eme siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que, si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité.

Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. (Wikipedia)

Plus loin, Sulpice Sévère relate ce nouvel épisode où la caractère bien trempé du saint homme s’illustre de nouveau:


« Après des faits si grands, si merveilleux, en voici quelques autres qui sembleraient peu importants, si l’on ne devait pas placer au premier rang, surtout à notre époque où tout est dépravé et corrompu, la fermeté d’un évêque refusant de s’humilier jusqu’à aduler le pouvoir impérial. Quelques évêques étaient, venus de différentes contrées à la cour de l’empereur, Maxime, homme fier, et que ses victoires dans les guerres civiles avaient encore enflé, et ils s’abaissaient jusqu’à placer leur caractère sacré sous le patronage de l’empereur; Martin, seul, conservait la dignité de l’apôtre. 
En effet, obligé d’intercéder auprès de l’empereur pour quelques personnes, il commanda plutôt qu’il ne pria. Souvent invité par Maxime à s’asseoir à sa table, il refusa, disant qu’il ne pouvait manger avec un homme qui avait détrôné un empereur et, en avait fait mourir un autre. Maxime lui assura que c’était contre son gré qu’il était monté sur le trône ; qu’il y avait été forcé ; qu’il n’avait employé les armes que pour soutenir la souveraineté que les soldats, sans doute par la volonté de Dieu, lui avaient imposée; que la victoire si étonnante qu’il avait remportée prouvait bien que Dieu combattait pour lui, et que tous ceux de ses ennemis qui étaient morts n’avaient péri que sur le champ de bataille. 
Martin se rendit à la fin soit aux raisons de l’empereur, soit à ses prières, et vint à ce repas ; à la grande joie du prince qui avait obtenu ce qu’il désirait si ardemment. Les convives, réunis comme pour un jour de fête, étaient des personnages grands et illustres ; il y avait Évodius, en même temps préfet et consul, le plus juste des hommes, et deux comtes très puissants, l’un frère et l’autre oncle de l’empereur. 
Le prêtre qui avait accompagné Martin était placé entre ces deux derniers ; quant à celui-ci, il occupait un petit siège près de l’empereur. 
À peu près vers le milieu du repas, l’échanson, selon l’usage, présenta une coupe à l’empereur, qui ordonna de la porter au saint évêque ; car il espérait et désirait vivement la recevoir ensuite de sa main. 
Mais Martin, après avoir bu, passa la coupe à son prêtre, ne trouvant personne plus digne de boire le premier après lui, et croyant manquer à son devoir en préférât au prêtre soit l’empereur, soit le plus élevé en dignité après lui. L’empereur et tous les assistants admirèrent tellement cette action, que le mépris qu’il avait montré pour eux fût précisément ce qui leur plut davantage. Le bruit se répandit dans tout le palais que Martin avait fait à la table de l’empereur ce qu’aucun évêque n’aurait osé faire à la table des juges les moins puissants. »

En l’occurrence, soit il s’agit de la rencontre de Martin avec le « tyran Avitianus » à Tours, soit il s’agit de l’empereur Maxime. Dans les deux cas, l’épouse, soit d’Avitianus, soit de Maxime, joue un rôle essentiel, et ici l’image montre une grande dame à côté du prince. 

 
Le deuxième panneau à droite semble raconter la guérison d’une jeune fille paralysée dans son lit.

 
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Sulpice Sévère dans « La vie de St Martin – Chapitre XVI raconte « Martin était si puissant pour la guérison des malades, que presque tous ceux qui venaient à lui étaient guéris. 
L’exemple suivant en est la preuve. Il se trouvait à Trèves une jeune fille atteinte d’une paralysie si complète, que tous ses membres, depuis longtemps, lui refusaient leur service ; ils étaient déjà comme morts, et elle ne tenait plus à la vie que par un souffle.
Ses parents accablés de tristesse, étaient là, n’attendant plus que sa mort, lorsqu’on apprit que Martin venait d’arriver dans la ville. Aussitôt, que le père de la jeune fille en est instruit, il y court tout tremblant, et implore Martin pour sa fille mourante. Par hasard le saint évêque était déjà entré dans l’église ; là, en présence du peuple et de beaucoup d’autres évêques, le vieillard, poussant des cris de douleur, embrasse ses genoux, et lui dit : « Ma fille se meurt d’une maladie terrible, et ce qu’il y a de plus affreux, c’est que ses membres, bien qu’ils vivent encore, sont comme morts et privés de tout mouvement. Je vous supplie de venir la bénir, car j’ai la ferme confiance, que vous lui rendrez la santé. » 

Martin, étonné de ces paroles qui le couvrent de confusion, s’excuse, en disant qu’il n’a pas ce pouvoir, que le vieillard se trompe, et qu’il n’est pas digne que le Seigneur se serve de lui pour faire un miracle. Le père, tout en larmes, insiste plus vivement encore, et le supplie de visiter sa fille mourante. Martin se rend enfin aux prières des évêques présents, et vient à la maison de la jeune fille. Une grande foule se tient à la porte, attendant ce que le serviteur de Dieu va faire.
Et d’abord, ayant recours à ses armes ordinaires, il se prosterne à terre et prie ; ensuite, regardant la malade, il demande de l’huile; après l’avoir bénite, il en verse une certaine quantité dans la bouche de la jeune fille, et la voix lui revient aussitôt ; puis, peu à peu, par le contact de la main de Martin, ses membres, les uns après les autres, commencent à reprendre la vie; enfin, ses forces reviennent, et elle peut se tenir debout devant le peuple. »
 

Le panneau suivant pourrait être en lien avec une intercession pour la guérison d’une autre jeune fille. 
 
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Toujours dans « La vie de St Martin » au chapitre XIX, on apprend que:
« Arborius, ancien préfet, homme plein de foi et de piété, dont la fille était affectée d’une fièvre quarte très violente, lui mit sur la poitrine une lettre de Martin, qui lui était tombée par hasard entre les mains, et aussitôt la fièvre cessa. Cette guérison toucha tellement Arborius, qu’il consacra sur-le-champ sa fille, à Dieu, et la voua à une virginité perpétuelle. Il partit ensuite pour aller trouver Martin, lui présenta sa fille qu’il avait guérie, quoique étant absent, comme une preuve vivante de ce miracle, et ne souffrit pas qu’un autre que Martin lui donnât le voile. »

Le panneau en dessous montre un homme visiblement mort, déjà dans son cercueil, se relevant. 
 
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Est-ce une référence à cette épisode de la vie de Saint Martin, un de ses premiers miracles?

« Sur ces entrefaites, un catéchumène, désirant être instruit- par un si saint homme, se joignit à lui ; mais peu de jours après il fut pris de la fièvre. Martin était alors absent par hasard. Cette absence se prolongea trois jours encore, et à son retour il le trouva mort. 
L’événement avait été si soudain, qu’il avait quitté la terre n’ayant pas encore reçu le baptême. Le corps était placé au milieu de la chambre, où les frères se succédaient sans cesse pour lui rendre leurs devoirs, lorsque Martin accourut, pleurant et se lamentant. Implorant alors avec ardeur la grâce de l’Esprit Saint, il fait sortir tout le monde, et s’étend sur le cadavre du frère. Après avoir prié avec ferveur pendant quelque temps, averti par l’Esprit du Seigneur que le miracle va s’opérer, il se soulève un peu, et, regardant fixement le visage du défunt, il attend avec confiance l’effet de sa prière et de la miséricorde divine. À peine deux heures s’étaient-elles écoulées, qu’il vit tous les membres du défunt s’agiter faiblement ; et les yeux s’entrouvrir. Alors Martin rend grâces à Dieu à haute voix, et fait retentir la cellule des accents de sa joie. À ce bruit, ceux qui se tenaient au dehors rentrent précipitamment, et (ô spectacle admirable !) ils trouvent plein de vie celui qu’ils avaient laissé inanimé. Ce catéchumène, revenu à la vie, fut aussitôt baptisé, et vécut encore plusieurs années

Le dernier tableau est relatif à la mort du saint homme.

 

L’évêque qui le bénit est sans doute de saint Ambroise de Milan qui, selon une légende rapportée par Grégoire de Tours, avait assisté à la mort de Martin. 

D’ailleurs on peut voir un autre ou peut-être deux autres évêques; une autre légende rapporte aussi en effet la présence de saint Séverin, évêque de Cologne, à la mort de Martin.

 
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Sulpice Sévère n’est pas avare en détails sur la mort de son maître. Dans sa lettre à Bassula, sa belle-mère, il raconte comment Saint Martin a « quitté cette vie pour l’éternité ».

 « …Martin connut l’heure de sa mort longtemps d’avance, et annonça à ses frères que la dissolution de son corps était proche. Il eut à cette époque un motif pour aller visiter la paroisse de Candes; car, désirant rétablir la concorde parmi les clercs de cette église qui étaient divisés, quoiqu’il sût que sa fin approchait, il ne balança pas à entreprendre ce voyage. Il pensait qu’il couronnerait dignement ses travaux s’il rétablissait la paix dans cette église avant de mourir.

Ô homme admirable, que ni le travail ni la mort même ne peuvent, vaincre ! qui demeure indifférent, qui ne craint, ni la mort ni la vie ! Ainsi, malgré l’ardeur de la fièvre qui le consumait depuis plusieurs jours, il poursuivait l’œuvre de Dieu avec un zèle infatigable. Il veillait toutes les nuits, et les passait en prière. Étendu sur sa noble couche, la cendre et le cilice, il se faisait obéir de ses membres épuisés par l’âge et la maladie.Ses disciples l’ayant prié de souffrir qu’on mît un peu de paille sur sa couche : « Non, mes enfants, répondit-il, il ne convient pas qu’un chrétien meure autrement que sur la cendre et le cilice ; je serais moi-même coupable de vous laisser un autre exemple. » Il tenait ses regards et ses mains continuellement élevés vers le ciel, et ne se lassait point de prier.

Un grand nombre de prêtres qui s’étaient réunis près de lui, le priaient de leur permettre de se soulager un peu en le changeant de position : « Laissez-moi, mes frères, répondit-il ; laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, afin que mon âme prenne plus facilement son essor vers Dieu. » 
À peine eut-il achevé ces mots, qu’il aperçut le démon à ses côtés. « Que fais-tu ici, bête cruelle ! tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne : je serai reçu dans le sein d’Abraham. » Après ces paroles, il expira. Des témoins de sa mort nous ont attesté qu’en ce moment son visage parut celui d’un ange, et que ses membres devinrent blancs comme la neige. Aussi s’écrièrent-ils : « Pourrait-on jamais croire qu’il soit revêtu d’un cilice et couvert de cendres ? » Car, dans l’état où ils virent alors son corps, il semblait qu’il jouît déjà de la transformation, glorieuse des corps ressuscités. Il est impossible de s’imaginer l’innombrable multitude de ceux qui vinent. lui rendre les derniers devoirs. 

Presque toute la ville de Tours accourut au-devant du saint corps ; tous les habitants des campagnes et des bourgs voisins, et même un grand nombre de personnes des autres villes s’y trouvèrent. Oh ! quelle affliction dans tous les cœurs ! Quels douloureux gémissements faisaient entendre, surtout les moines ! 

On dit qu’il en vint environ deux mille : c’était la gloire de Martin, les fruits vivants et innombrables de ses saints exemples. Ainsi, le pasteur conduisait-il ses ouailles devant lui, de saintes multitudes pâles de douleur, des troupes nombreuses de moines revêtus de manteaux, des vieillards épuisés par de longs travaux, de jeunes novices de la solitude et du sanctuaire. Apparaissait ensuite le chœur des vierges, que la retenue empêchait de pleurer, et qui dissimulaient par une joie toute sainte la profonde affliction de leurs cœurs : et si la confiance qu’elles avaient dans la sainteté de Martin ne leur permettait pas de paraître tristes, l’amour qu’elles lui portaient leur arrachait cependant quelques gémissements. Car la gloire dont Martin jouissait déjà causait autant de joie, que sa mort qui le ravissait à ses enfants leur causait de douleur. Il fallait pardonner les larmes des uns et partager l’allégresse des autres ; car chacun, en pleurant pour soi-même, devait en même temps se réjouir pour lui. »
 
Voila vous savez tout … ou presque !
 
Vous êtes à même de vous faire une opinion !
 
Alors, selon vous,

Saint Martin, p’tet ben que oui ou p’tet ben que non ?
 
 
Crédit photos : Philippe Duflot (MOF) et Gilbert Guillotin  – Photo – Club de Cambremer
à la Une

Saint Martin ? p’têt ben qu’oui !

Chers amis du patrimoine de Repentigny
 
Vous vous souvenez qu’en 2012 nous avions eu la surprise de découvrir, au dos des panneaux latéraux du retable, d’autres scènes religieuses.
 
Avant leur restauration, il fallait un œil d’aigle pour deviner ce dont il s’agissait.
Jugez plutôt leur état, après probablement plusieurs siècles d’oubli.
 

 

 
Grâce au talent et aux soins attentifs de notre restaurateur, M. Andronescu, elles ont repris vie et leur couleur grisaille d’origine.
 
Le même panneau en 2014 a meilleure allure :

 

 
Spectaculaire non !
 
Le panneau droit par exemple, après la restauration, est magnifique.
 


Reste une question qui nous taraude. Quel est cet évêque dont la vie nous est racontée ?
 
Notre église étant dédiée à Saint Martin, une hypothèse logique méritait d’être testée : cet évêque est-il le grand saint du 4ème siècle, évangélisateur de la Gaule, Saint Martin lui-même ?
 
En bons normands, nous serions tentés de dire : ptet ben qu’oui !
 
Différentes scènes font penser à sa vie telle que racontée par son disciple Sulpice Sévère.
 
Saint Martin est traditionnellement représenté, soit à cheval en soldat de l’armée romaine partageant son manteau avec un pauvre, soit en évêque (mitre, crosse) ce qui est le cas ici.
 
Saint Martin est né dans la Hongrie actuelle il y a 1700 ans, en 316 et il est mort en Gaule (Candes, situé entre Angers et Tours) 80 ans plus tard.
 
Il est fameux pour son évangélisation de la Gaule. Plus de 4000 églises portent son nom en France, dont plus de 110 dans le Calvados.
 
On le fête le 11 novembre, date choisie justement par les négociateurs français pour la signature de l’armistice de la guerre 1914-1918.
 
En partant du premier panneau en haut à gauche, notre enquête débute … et bute … sur un os !
 
 
Comment rattacher cette scène de chasse à la vie du saint homme ? Le lien est ténu mais il existe !
 
Dans l’iconographie de l’art chrétien de Louis Réaux, on apprend que saint Martin est aussi protecteur des animaux ! A Chartres, on voit aussi une statue de saint Martin sur le portail Sud : deux chiens poursuivent un lièvre ; saint Martin leur ordonne de lâcher leur proie.

Les martins pêcheurs lui doivent leur nom. Sulpice Sévère raconte, dans une de ses lettres à Bassula, sa belle-mère, cette anecdote. 
Au soir de sa vie, Saint Martin entreprend son dernier voyage vers Candes. 
« Parti, accompagné, suivant son usage, d’une troupe nombreuse de pieux disciples, il vit sur le fleuve des plongeons poursuivre des poissons, et exciter sans cesse leur gloutonnerie par de nouvelles captures : «Voici, dit-il, une image des démons, qui dressent des embûches aux imprudents, les surprennent et les dévorent, sans pouvoir se rassasier.» Alors Martin, avec toute la puissance de sa parole, commanda aux oiseaux de s’éloigner du fleuve et de se retirer dans des régions arides et désertes, employant contre eux le même pouvoir dont il usait souvent contre les démons. À l’instant tous ces oiseaux se rassemblent, et, quittant le fleuve, se dirigent vers les montagnes et les forêts, à la grande admiration de tous les spectateurs, qui voyaient Martin exercer son pouvoir, même sur les oiseaux. »
 
Le deuxième panneauest plus clair. On y voit un évêque discutant avec un jeune homme. Les deux portent l’auréole des saints. 
 
 
Est-ce Saint Hilaire, alors évêque de Poitiers, rencontrant le jeune Martin après qu’il eut quitté le service de l’armée romaine ?
 
Sulpice Sévère raconte : « Dans la suite, ayant quitté le service, Martin se rendit auprès de saint Hilaire, évêque de Poitiers ; homme dont la foi vive était connue et admirée de tout le monde ; il y resta quelque temps. Hilaire voulut le faire diacre pour se l’attacher plus étroitement et le consacrer au service des autels ; mais Martin avait souvent refusé, disant hautement qu’il en était indigne. Hilaire, dans sa sagesse, vit bien qu’il ne se l’attacherait qu’en lui conférant un emploi ; dans lequel il semblerait ne pas lui rendre justice ; il voulut donc qu’il fût exorciste. Martin ne refusa point cet ordre, de peur de paraître le mépriser, à cause de son infériorité. »
 
Le troisième panneau est encore plus explicite, on y voit une ordination épiscopale.

 

 
Martin, peu enclin aux honneurs, fut difficile à convaincre de prendre la mitre et la crosse. Sa nomination racontée par Sulpice Sévère fut apparemment mouvementée.
 
« C’est à peu près à cette époque que la ville de Tours demanda saint Martin pour évêque ; mais comme il n’était pas facile de le faire sortir de sa solitude, un des citoyens de la ville, nommé Ruricius, se jeta à ses pieds, et, prétextant la maladie de sa femme, le détermina à sortir. Un grand nombre d’habitants sont échelonnés sur la route ; ils se saisissent de Martin, et, le conduisent à Tours, sous bonne garde. Là, une multitude immense, venue non seulement de Tours mais des villes voisines, s’était réunie afin de donner son suffrage pour l’élection. L’unanimité des désirs, des sentiments et des votes, déclara Martin le plus digne de l’épiscopat, et l’Église de Tours heureuse de posséder un tel pasteur.
Un petit nombre cependant, et même quelques évêques convoqués pour élire le nouveau prélat, s’y opposaient, disant qu’un homme d’un extérieur si négligé, de si mauvaise mine, la tête rasée et si mal vêtu, était indigne de l’épiscopat. Mais le peuple, ayant des sentiments plus sages, tourna en ridicule la folie de ceux qui, en voulant nuire à cet homme illustre, ne faisaient qu’exalter ses vertus.
Les évêques furent donc obligés de se rendre au désir du peuple, dont Dieu se servait pour faire exécuter ses desseins. »
 
Le quatrièmetableau est lui aussi clair. On y voit notre saint évêque aux prises avec un esprit malin, un spectre, un démon.
 
 
 
La vie de Saint Martin abonde d’exemples de ce type. Par exemple au Chapitre XVII :
« À la même époque, Tétradius, personnage consulaire, avait un esclave possédé du démon, et qui allait faire une fin déplorable. On pria Martin de lui imposer les mains, et il se le fit amener. Mais on ne put faire sortir le possédé de la cellule, car il mordait cruellement ceux qui s’en approchaient. Alors Tétradius, se jetant aux pieds de Martin, le supplia de venir lui-même dans la maison où se trouvait le démoniaque ; mais il refusa, disant qu’il ne pouvait entrer dans la demeure d’un profane, et d’un païen. Tétradius était encore plongé dans les erreurs du paganisme ; mais il promit de se faire chrétien, si son serviteur était délivré du démon. C’est pourquoi Martin imposa les mains à l’esclave, et en chassa l’esprit immonde. À cette vue, Tétradius crut en Jésus-Christ. Il fut aussitôt fait catéchumène, baptisé peu de temps après, et depuis lors il eut toujours un respect affectueux pour Martin, l’auteur de son salut.
Vers la même époque et dans la même ville, Martin, étant entré dans la maison d’un père de famille, s’arrêta sur le seuil, disant qu’il voyait un affreux démon dans le vestibule. Au moment où Martin lui commandait de sortir, il s’empara d’un esclave qui se trouvait dans l’intérieur de la maison ; ce malheureux se mit aussitôt à mordre et à déchirer tous ceux qui se présentaient à lui. Toute la maison est dans le trouble et l’effroi ; le peuple prend la fuite. Martin s’avance vers le furieux, et lui commande d’abord de s’arrêter ; mais il grinçait des dents, et, ouvrant la bouche, menaçait de le mordre ; Martin y met ses doigts : « Dévore-les, si tu en as le pouvoir, » lui dit-il. Alors le possédé, comme si on lui eut plongé un fer rouge dans la gorge, recula pour éviter de toucher les doigts du Saint. Enfin le diable, forcé par les souffrances et les tourments qu’il endurait de quitter le corps de l’esclave, et ne pouvant sortir par sa bouche, s’échappa par les voies inférieures, en laissant des traces dégoûtantes de son passage. »Sic !


Dans le cinquième panneau, on voit l’évêque endormi sous la protection de Dieu dans une maison en flammes. Ceci est clairement rattachable à la vie de Saint Martin dans un épisode relaté par Sulpice Sévère dans sa « Lettre au père Eusèbe ».
 « Un jour d’hiver, Martin visitant une paroisse (suivant l’habitude des évêques), les clercs lui préparèrent un logement dans la sacristie, allumèrent un grand feu dans une sorte de fourneau très mince et construit en pierres brutes, puis lui dressèrent un lit, en entassant une grande quantité de paille. Martin s’étant couché eut horreur de la délicatesse de ce lit, à laquelle il n’était pas habitué, car il avait coutume de coucher sur un cilice, étendu sur la terre nue.
Mécontent de ce qu’il regardait comme une injure, il repoussa la paille, qui s’accumula par hasard sur le fourneau ; puis, fatigué du voyage, il s’endormit, étendu par terre, suivant son usage. Vers le milieu de la nuit, le feu, étant très ardent, se communiqua à la paille à travers les fentes du fourneau. Martin, réveillé en sursaut, surpris par ce danger subit et imminent, et surtout, comme il le raconta lui-même, par l’instigation du démon, eut recours trop tard à la prière ; car, voulant se précipiter au dehors, et ayant fait de longs efforts pour enlever la barre qui fermait la porte, un feu si violent l’environna, que le vêtement qu’il portait fut consumé.
Enfin, rentrant en lui-même, et comprenant que ce n’était pas dans la fuite, mais dans le Seigneur qu’il trouverait du secours, il s’arma du bouclier de la foi et de la prière, et, se remettant tout entier entre les mains de Dieu, il se précipita au milieu des flammes. Alors le feu s’étant éloigné miraculeusement de Martin, celui-ci se mit en prière au milieu d’un cercle de flammes dont il ne ressentait nullement les atteintes. Les moines qui étaient au dehors, entendant le bruit et les pétillements de la flamme, enfoncent les portes, écartent les flammes, et en retirent Martin, qu’ils croyaient déjà entièrement consumé. Du reste, Dieu m’en est témoin, Martin lui-même me racontait et avouait en gémissant, que c’était par un artifice diabolique, qu’à l’instant de son réveil il n’avait pas eu la pensée de repousser le danger par la foi et la prière ; qu’enfin il avait senti l’ardeur des flammes jusqu’au moment où, rempli de frayeur, il s’était précipité vers la porte ; mais qu’aussitôt qu’il avait eu recours au signe de la croix et aux armes puissantes de la prière, les flammes s’étaient retirées, et qu’après lui avoir fait sentir leurs cruelles atteintes, elles s’étaient ensuite transformées en une douce rosée. Que celui qui lira ces lignes comprenne que si ce danger a été pour Martin une tentation, il a été aussi une épreuve de Dieu. »
Le sixième, et dernier panneau de cette partie droite, est étonnant. Regardez bien ce qui sort de la bouche de la jeune femme agenouillée !
Un espèce de démon noir.
Scène d’exorcisme ou miracle de la jeune fille muette à qui Saint Martin avait rendu la parole.
Sulpice Sévère raconte dans son troisième dialogue: 
« Et d’abord, je désire vivement vous raconter un miracle que Réfrigérius me souffle à l’oreille ; il s’est passé dans la ville de Chartres. Un père de famille présenta à Martin sa fille, âgée de douze ans et muette de naissance, suppliant le Saint de lui rendre l’usage de la langue par ses mérites. Martin, par déférence pour les évêques Valentinien et Victrice, qui se trouvaient par hasard près de lui, disait que cette tâche était au-dessus de ses forces, mais, qu’elle n’était pas impossible à ces saints évêques. Ceux-ci joignirent leurs pieuses instances aux supplications du père, et le prièrent d’acquiescer à sa demande. Le saint homme n’hésita pas (quelle humilité et quelle admirable miséricorde !) et fit éloigner le peuple. En présence seulement des évêques et du père de la jeune fille, il se mit en prière, selon son habitude il bénit ensuite un peu d’huile, en récitant une formule d’exorcisme, et versa la liqueur sacrée sur la langue de la jeune fille, qu’il tenait entre ses doigts. Son attente ne fut point trompée. Il lui demanda le nom de son père, qu’elle prononça aussitôt ; celui-ci jette un cri, se précipite aux pieds de Martin, en pleurant de joie, et assure aux assistants étonnés que c’est la première parole qu’il entend prononcer à sa fille. Si par hasard ce fait vous parait incroyable, Évagrius, ici présent, vous attestera sa véracité, car il en fut témoin. »
 
Alors, êtes-vous convaincu que Saint Martin pourrait bien être notre évêque mystérieux?
 

 

A bientôt sur le blog, pour l’explication du panneau de gauche!

Crédit photos : Philippe Duflot (MOF) et Gilbert Guillotin – Photo Club de Cambremer

Bilan financier de 10 ans de travaux

243K€ (TTC) ont été investis dans l’église depuis 10 ans (soit 202 K€ HT)

▪2009 Clocher 38 k€

▪2011-2012  Assainissement intérieur / ext. 26 k€

▪2012-2013 Retable 33 k€, mur pignon 11 k€

▪2015 Autels antependium 22 k€

▪2017-2018 sols et murs intérieurs 63 k€

▪2019 retable, boiserie, éclairage 50 k€

Financement

Événements 2020

Merci de noter que l’église sera ouverte les samedis et dimanches après midi (14-17h) du samedi 18 juillet au dimanche 16 août inclus. N’hésitez pas à venir en famille ou entre amis la visiter. Nous nous ferons une joie de vous la commenter.


Par ailleurs dans le cadre du circuit proposé par l’APEPA, nous serons ouverts le 8 août et le 15 septembre de 14 à 17h. Plus de renseignements https://apepa.blog/

Nous ouvrirons aussi lors des Journées européennes du patrimoine, le samedi 19 septembre et le dimanche 20 septembre de 10 à 18h.

Assemblée Générale du 11 juillet 2020

Merci pour votre participation à notre assemblée générale.
Pour ceux qui n’auraient pas pu y participer, veuillez trouver ci joint le compte rendu de l’AG du 11 juillet dernier.

Merci de noter que l’église sera ouverte les samedis et dimanches après midi (14-17h) du samedi 18 juillet au dimanche 16 août inclus. N’hésitez pas à venir en famille ou entre amis la visiter. Nous nous ferons une joie de vous la commenter.
Par ailleurs dans le cadre du circuit proposé par l’APEPA, nous serons ouverts le 8 août et le 15 septembre de 14 à 17h. Plus de renseignements https://apepa.blog/
Nous ouvrirons aussi lors des Journées européennes du patrimoine, le samedi 19 septembre et le dimanche 20 septembre de 10 à 18h.
Par ailleurs, il n’y aura pas de concert de la Musardière cette année. Rendez vous en 2021 pour ce concert culte !
Vous noterez le début de nos recherches sur les morts de Repentigny en 1914-1918. C’est un nouvel axe de recherche pour l’association pour se rappeler ce pan tragique de notre histoire.
Merci encore pour votre soutien. On a besoin de vous ! Il n’est pas trop tard pour adhérer (cf page 29)!
Vous pouvez compter sur notre engagement ! Nous comptons sur le vôtre.

Bien cordialement.

Très bel été à toutes et à tous !